Quand la régulation freine l’investissement numérique : le cas d’e& et Maroc Telecom

Un récent jugement de la Cour d’appel de Casablanca relance le débat sur l’équilibre entre régulation concurrentielle et attractivité des investissements étrangers dans le secteur des télécommunications.

La décision, qui confirme le versement de 6,3 milliards de dirhams marocains (environ 645 millions de dollars) par Maroc Telecom à son concurrent Inwi (Wana Corporate), a conduit son actionnaire majoritaire, le groupe émirati e&, à annoncer son intention d’explorer toutes les voies de recours possibles.

Derrière ce contentieux, plusieurs enseignements clés pour les acteurs du secteur et les investisseurs :

1. Un précédent lourd de conséquences
Avec plus de 12 milliards de dirhams marocains de pénalités cumulées ces dernières années, Maroc Telecom fait face à des sanctions parmi les plus élevées du secteur à l’échelle mondiale. Ces décisions pèsent sur sa capacité à investir et à innover dans un marché marocain en pleine transformation numérique.

2. Un signal pour les investisseurs internationaux
La réaction du président d’e&, Jassem Alzaabi, souligne un point sensible : à l’heure où les capitaux mondiaux sont en quête de projets d’infrastructures numériques, un environnement réglementaire perçu comme instable ou contraignant peut altérer les perspectives d’investissement à long terme. Le directeur général d’e&, Hatem Dowidar, n’exclut d’ailleurs aucune option concernant la participation du groupe dans Maroc Telecom.

3. Un appel à la coopération
Les dirigeants d’e& insistent sur un point essentiel : la révolution numérique ne pourra réussir sans un dialogue constructif entre opérateurs, régulateurs et pouvoirs publics. La régulation doit protéger la concurrence, mais aussi permettre aux acteurs de déployer des infrastructures et services au bénéfice des populations et des entreprises.

4. Une résilience financière affichée
Malgré ce contentieux, e& précise que cette décision n’aura pas d’impact sur ses résultats du second trimestre, grâce à une couverture adéquate des risques réglementaires internationaux. Une posture qui rassure les marchés tout en laissant entrevoir une bataille juridique qui pourrait durer.